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PYRÉNÉES RÉTRO

VERS LE MONT-PERDU - DESSINS ET GRAVURE DE RAMOND



L’année 2002 était à la fois l’Année de la Montagne et le deux-centième anniversaire de la première ascension par Louis Ramond de Carbonnières et ses guides au sommet du Mont-Perdu.

À cette occasion...

Voici dans son intégralité l’article paru dans Pyrénées n° 210-2-2002.

Les auteurs, Geneviève Marsan, à l’époque conservatrice du Musée pyrénéen de Lourdes, et Jean Verdenal, retracent la démarche d’approche de Ramond pour atteindre enfin le but.
 
 

Mis en ligne le lundi 4 janvier 2009.


DE L’AUBERGE DE GAVARNIE À LA CASA VIU DE TORLA


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La chambre de Russell.
Émouvant et simple son souvenir était pieusement conservé.
(Photo P. Laventès).

Fermé depuis quelques années déjà, le célèbre et historique hôtel des voyageurs a subi un incendie accidentel fin 2006.

Faisant œuvre de mémoire, Joseph Ribas donne dans le numéro 230 de « Pyrénées » une étude historique de cet établissement qui, durant plus de deux siècles, a accueilli des milliers de visiteurs, des plus anonymes aux plus célèbres, sans compter la fine fleur du pyrénéisme qui s’y donnait rendez-vous.
 
 
 
 

Durant une trentaine d’années un registre fut mis à la disposition des visiteurs, registre que Marcel Lavedan – disparu en 2007 - eut la bonne fortune de pouvoir consulter :

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Registre des Voyageurs et touristes (1858-1894)
communément appelé"Livre d’Or".

« C’est un vieux cahier dont la couverture, en très fort carton fatigué par l’usage, est d’une couleur indéfinissable. Il dut contenir cent pages et n’en a plus que 97 aujourd’hui, encore sont-elles si salies, si jaunies, si usées d’avoir été feuilletées qu’elles sont d’une lecture parfois difficile. L’encre aussi a pâli avec le temps, ce qui n’arrange rien. (…)
Malgré tout, quelle richesse ! De 1858 à 1884, c’est toute l’histoire du Massif Calcaire qui se présente sous les signatures prestigieuses des Russell, Packe, Lequeutre, Wallon, Swan, Lourde Rocheblave, les Frossard, Maxwell-Lyte etc. (…)
Mais aussi, bien du beau monde de l’époque : des rois, des princes, des lords, toute une aristocratie européenne, venue ici parce que les Pyrénées sont à la mode. De la première page, qui s’ouvre sur le 1° juin 1858 à la dernière, en 1884, c’est toute l’histoire du pyrénéisme qui, parfois sous de simples signatures, est cachée. »

Les lecteurs de « Pyrénées » ont pu profiter des investigations de Marcel Lavedan qui, dans les numéros 125-126 et 127-128 de 1981 s’est livré à une étude fouillée de ce précieux cahier et leur en a livré les meilleurs morceaux.

Mais l’auteur ne s’est pas arrêté en si bon chemin : poursuivant dans la même voie, il a donné dans le numéro 131 de 1982 des éléments sur d’autres auberges de la région :

- L’auberge Périssère de Gèdre (aujourd’hui hôtel de la brèche de Roland, parce que la fameuse entaille, de toute la vallée, n’est visible que de cet endroit) où Ramond aima se reposer : « Chez le bon Périssère on se restaure, on laisse se reposer les montures après avoir affronté les terribles escarpements du Pas de l’Echelle, la fragilité du premier pont de Sia, et côtoyé les vertigineux abîmes de la gorge creusée par le Gave. (…) Périssère tenait table ouverte dans la joie intime et profonde à peine dissimulée de répandre l’abondance dans un faste rustique exempt de vanité. »

- L’hôtel de la Grotte qui fut ouvert dès 1809 et a subsisté, sous une forme différente, jusqu’à nos jours.

- La baraque du cirque, ancêtre de l’hôtel du cirque, qui fut d’abord une laiterie.

- L’hôtel de la Munia à Héas qui est inséparable de la famille Paget, plus connue sous le nom de Chapelle. Le plus célèbre représentant, Henri Paget, fut l’ami et le guide de Charles Packe, Russell ou Schrader, entre autres.
« Il avait été plus ou moins aide-cuisinier dans sa jeunesse, mais ne se servait que rarement de ses connaissances. D’ailleurs, en dehors du jambon pendu aux solives, des isards qu’il tirait, des sarrous qu’il cueillait, parfois nanti de quelques rares œufs, sa cuisine était toujours des plus simples. Grand chasseur d’isards, il partait à l’embuscade vêtu d’une peau d’isard, coiffé de la tête de l’animal, cornes comprises, pour mieux faire l’approche du troupeau. »

- En 1982, dans le numéro 132, Marcel Lavedan nous emmène en Aragon pour évoquer l’auberge posada de Bujaruelo, pendant de celle de Gavarnie.
« Le meson est destiné à recevoir les voyageurs qui vont et viennent de France, ainsi que les habitants de la vallée, éleveurs et bergers qui, durant les mois d’été, gardent les troupeaux jusqu’aux limites de Gavarnie, de Cauterets, de Panticosa. – Qu’il serve aussi de refuge hospitalier durant les mois d’hiver et au printemps. Le tenancier-adjudicataire devra tenir en bonnes conditions d’hygiène et avec toutes les commodités, quelques chambres avec lits et couvertures. De même il devra assurer les services nécessaires pour ravitailler en provisions de bouche les voyageurs qui le désirent. Également avoir en réserve toute la paille et l’avoine nécessaires pour les montures des dits voyageurs. »
Marcel Lavedan évoque le passage de quelques figures célèbres du pyrénéisme en s’attardant sur le témoignage de Ramond, un des plus complets et des plus pittoresques, qui y passa une nuit avec sa sœur en 1792.
Il n’omet pas de nous donner son témoignage personnel sur les nombreux séjours qu’il eut l’occasion d’y vivre dans la première moitié du vingtième siècle.

Enfin, dans le numéro 133 de 1983, nous descendons la vallée de l’Ara pour visiter la célèbre casa Viu de Torla, établissement à l’abandon à l’époque de la parution de l’article et aujourd’hui magnifiquement restaurée comme nous le fait découvrir Cristina Mur de Viu dans notre numéro 222.

En résumé :

-  Marcel Lavedan  : Auberges et hôtels de montagne dans les Pyrénées centrales
« Pyrénées » numéros 125-126, 127-128, 131, 132,133
-  Cristina Mur de Viu  : La casa Viu de Torla : haut lieu pyrénéen restauré
« Pyrénées » numéro 222
-  Joseph Ribas  : Gavarnie ; feu l’hôtel des Voyageurs
« Pyrénées » numéro 230

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Chapelle de San Nicolas et posade de Bujaruelo vers 1830.
(Litho, coll. Druène)
Pyrénées n° 132 – 1982

ROBERT FLEMATTI, UN PYRÉNÉEN AUX ALPES - N° 80 de 1969


Après une brillante carrière à l’école nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix, il est revenu dans les Pyrénées de sa jeunesse, à Arrens plus précisément, où Pierre Marie Cortella, notre rédacteur en chef, l’a rencontré.
Il lui a parlé de sa vie à Arrens, à Chamonix, et il nous raconte ses courses dans les Pyrénées en compagnie de René Desmaison et de Lucien Carcassès (Pyrénées numéro 229).


Mais en 1969 déjà, à l’orée de sa carrière, Robert Flematti avait accordé quelques lignes à notre revue (« Pyrénées » numéro 80) ; interrogé alors par Raymond Ritter, comme d’autres montagnards, sur ses moments les plus dramatiques vécus en montagne, il avait choisi de parler de son ascension hivernale du linceul (face nord des grandes Jorasses) en 1968 en compagnie de René Desmaison :
« Après douze jours et douze nuits (si l’on veut bien appeler ça des nuits !), le ventre vide depuis deux ou trois jours, et où l’on se régale à croquer à pleines dents une plaquette de beurre gelée à – 30°, où la peur se colle à la peau et devient l’amie intime des grands moments, où l’on ne sait plus trop ni pourquoi ni comment, car les questions deviennent inutiles, et pourtant, chose étrange, il y a un peu de rêve encore.
Pour moi, par exemple, je savais qu’il y avait énormément de choses à faire et à voir, et je me promettais, une fois dans la vallée, de me promener, de me promener.
Puis il y avait quelques moments de grand vide …
Ce fut long pour atteindre l’arête des hirondelles, nous arrivâmes à quelques mètres puis … ce vent violent, cette tornade, folie des éléments ; souffle et jambes coupées, accrochés à la paroi, telles deux petites mouches, nous ne savions comment faire pour nous abriter. Il fallait à tout prix installer la tente ; que de gestes et d’efforts en vain, cela était impossible et pourtant il le fallait.
Toute ma vie, je me souviendrai de cet instant. Les cordes se soulevaient, tourbillonnaient, s’entremêlaient. La tempête se ruait sur nous dans toute sa violence. Il y avait quelque chose de l’enfer. Ce fut, je l’avoue sans honte aucune, le moment où ma peur fut la plus grande.
Ce fut quelque chose que d’arriver dans des conditions inhumaines au bout de l’objectif, au prix d’efforts inouïs, avec la fatigue, la faim, le froid et cet espoir mêlé au désespoir, pour y trouver cette tempête qui voulait nous arracher notre chance de réussite et peut-être encore plus : notre vie.
Mais le linceul ne nous a pas gardés … »







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