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Un film japonais sur les Pyrénées

UN FILM JAPONAIS SUR LES PYRÉNÉES


"L’invitation au Patrimoine Mondial-les Pyrénées" a été tourné en juin dernier et diffusé le 27 juillet 2009 à la télévision japonaise sur la chaîne publique NHK (qui l’a réalisé). Neuf millions de téléspectateurs l’ont regardé.

Ce film fait partie d’une série sur les voyages et s’ouvre sur le petit train jaune de Cerdagne avant de nous conduire vers les Pyrénées occidentales et centrales.

D’une durée de 42 minutes, le film (en japonais), conduit le téléspectateur dans quelques lieux choisis. A Gavarnie d’abord, où le Cirque est longuement admiré et où les touristes sont suivis et interviewés le long du torrent. Le réalisateur a eu la bonne idée d’insérer dans les images du présent quelques photos du passé : des dames en robe longue sur les petits ânes, un train ou encore Russell et ses compagnons devant la villa Bellevue. Ces archives (Archives des Frères Lumière), avec d’autres illustrant d’autres thèmes (Archives d’Andorre entre autres), témoignent de la recherche des auteurs. On apprécie aussi, à la suite de la photo de Victor Hugo, son texte sur Gavarnie lu en japonais.

La présence de deux bergers de Gèdre, père et fils, apparaît comme un fil rouge tout au long du film et donne à la présentation du pastoralisme une dimension humaine authentique. L’aspect difficile de la vie pastorale est, lui, mis en scène de façon fictive : l’attaque d’un agneau par un ourson (qui a plutôt l’air de jouer), un rapace qui emporte un agneau, et un berger et son troupeau dans un blizzard impressionnant. Ces épisodes de fiction dramatique sont le seul petit bémol dans un film où la volonté d’authenticité est manifeste, mais l’intention qui se cache derrière ces scènes très brèves est louable puisqu’il s’agit de peindre la dureté de la vie pastorale. L’accent est mis ensuite sur le travail des chiens : chiens de berger qui guident le troupeau et chiens Patou qui le protégent des ours. Le réalisateur montre un élevage de ces chiens, sur lesquels il insiste au point que la séquence est introduite par un petit dessin animé représentant un Patou courant joyeusement avec un enfant. L’inclusion du dessin animé surprend mais permet d’insister de façon ludique sur le rôle essentiel du chien Patou.

La vie des bergers est largement mise en valeur : photos familiales, vie quotidienne, garde du troupeau, irrigation des prés, les images étant rythmés par les chants des deux hommes, extraits du « Recueil de trois générations de chansons », pieusement conservé par ces bergers de Gèdre Dessus, qui font vivre les chants de leurs parents et grands-parents dans leurs montagnes et les font entendre jusqu’au Japon. Dans la partie catalane, la vie dans un orri est filmée avec un berger catalan. On entre dans la vie pastorale, qui tient la plus grande place dans le film.

Le voyage conduit ensuite en Andorre (pour une évocation du tourisme et de la vie économique et commerciale). Les fêtes traditionnelles de Catalogne et le travail d’un maréchal-ferrant y sont ensuite évoqués. La caméra s’attarde longtemps sur les magnifiques fresques de quelques églises du Val de Bohi ; ces églises racontent à travers ces peintures l’histoire et l’art religieux populaire mais aussi, la foi simple de quelques habitants venus se recueillir dans une petite chapelle.

Le film montre très bien comment le patrimoine va des richesses naturelles et vivantes de la montagne au travail de ses hommes, de ses chapelles romanes à ses villes modernes. Il donne un aperçu intéressant du patrimoine pyrénéen : patrimoine naturel et artistique, vie pastorale et vie sauvage. Il est servi par de belles images et la grande présence des bergers pyrénéens, leurs chants aussi, lui donnent une authenticité réelle. C’est un beau documentaire et on ne peut qu’être heureux que les Japonais (déjà présents il y a quelques années dans le Val d’Aran pour peindre le village d’Arties mais aussi pour un projet architectural) aient envie de faire découvrir les Pyrénées par l’intermédiaire de leur chaîne publique. Il n’est pas prévu de commercialiser le DVD mais les neuf millions de téléspectateurs qui ont regardé ce film auront sans nul doute appris à connaître et à aimer les Pyrénées.

Françoise Besson

Mis en ligne le samedi 7 novembre 2009.







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