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EN FEUILLETANT LE DERNIER NUMÉRO

N° 275 – Juillet 2018 – Bulletin pyrénéen n° 517

Numéro spécial : espaces protégés


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Au cœur du Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu fondé en 1918, la faja de las flores (vire des fleurs) est un trait d’union perché entre les cirques de Cotatuero et Carriata. À l’arrière-plan, hors limite du Parc, le pico de Tendeñera (2853 mètres), 2004, © Marc Girard.

 Sommaire

2 Éditorial par Jean-François Labourie
4 Le centenaire du Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu par Luis Marquina Murlanch
20 Lucien Briet et les paysages d’Ordesa par Jean-François Rodriguez
38 La protection d’une nature encore sauvage par Eduardo Viñuales Cobos
48 Le petit dernier, Parc naturel des sources du Ter et du Freser par A. Neto
52 Natures à protéger. Trois laboratoires pyrénéens : Péguère, Gavarnie,
Néouvielle (1884-1935) par Serge Briffaud et Emmanuelle Heaulmé
84 Élus Bigourdans et projet de Parc national (1964-1967) : le grand compromis par Jean Courtadet
102 Le Parc, combat du Bulletin Pyrénéen et de Pyrénées par Alain Lalanne
116 1967-2017 : retour sur 50 années d’activité scientifique au Parc national des Pyrénées par David Penin et Éric Sourp
130 Plan large sur le Parc par Christian Ringeval
142 Sur la protection du milieu naturel par Michel Clin
148 Le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises par Matthieu Cruège
162 La réserve naturelle du massif du Pibeste-Aoulhet par Frédéric Barbe
173 ¿ Question d’image ?
174 Quand la nature gagne par Gérard Raynaud
194 Lectures par Gérard Raynaud
200 Chroniques par Jean-Paul Chaintrier
222 Musée pyrénéen
224 Trait d’Union

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Fin d’après-midi aux étangs de Camporeils, © Gérard Raynaud

 Éditorial

Pyrénées protégées

L’impulsion effrénée avec laquelle l’activité humaine investit les territoires inhabités et sauvages, notamment en montagne, explique les mesures légales prises depuis le début du XXe siècle pour entraver les aménagements intempestifs. Beraldi d’ailleurs, témoin de ces premières protections naturelles, corollaires de la vulgarisation de la haute montagne, les accueille avec dérision.
Aujourd’hui, les vallées pyrénéennes sont constellées d’espaces réglementés. La carte des Pyrénées protégées – qui reste à être dressée – reflète une complexité administrative byzantine. Labélisés par l’Unesco, par plusieurs ministères étatiques, par les collectivités territoriales et les autonomies, ces espaces respectent aveuglément la logique administrative des trois États français, espagnol et andorran. Au final, un conglomérat d’institutions de protection diverses, qui parfois se superposent, et d’où il ressort un manque total d’unité. Avec parfois même la concurrence entre les territoires valléens pour obtenir un label protecteur.
Dans ce contexte, l’objectif de ce numéro est de présenter un panorama historique et géographique de ces espaces, sur les deux versants du massif. Un objectif commun : protéger le patrimoine naturel pyrénéen, pour des réalités bien différentes.

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Ordesa, par Jacques Place, huile sur toile, 130x 90 cm, 2018, © Jacques Place
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Le Ter à sa naissance, © Daniel Rees

Les quatre premiers articles traitent des espaces protégés espagnols, en particulier du Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu dont nous célébrons cette année le centenaire de la création.
Puis, sur le côté français, Emmanuelle Heaulmé et Serge Briffaud décrivent les toutes premières mesures françaises de protection au début du XXe siècle.

Les cinq articles suivants concernent le Parc national des Pyrénées qui a fêté son cinquantenaire l’année dernière : les débats qui ont animé sa création, la place de Pyrénées dans cette « dispute », le bilan ­scientifique du Parc, le témoignage d’un garde-moniteur ; et, enfin, la vision riche d’expertise et de sagesse de Michel Clin, ancien président du comité scientifique du Parc et de notre revue.
Ensuite, direction les Pyrénées ariégeoises pour présenter un des deux Parcs naturels régionaux du massif ; idem pour le massif du Pibeste où nous nous transportons pour découvrir une des dix-huit réserves ­naturelles françaises, la plus vaste.
Enfin, l’ultime article expose les projets d’aménagement qui n’ont pas abouti, empêchés par les mesures de protection. Démonstration par la négative : comment l’absence de contrôle ouvre la porte aux aména­gements les plus contestables.

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Jean-Pierre Armary, garde-moniteur, en tournée d’observation depuis le sommet du Montarrouy, en vallée de Luz dans les années 80, © G. Nogué, Parc national des Pyrénées
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Les hauts du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises : le pic Rouge de Bassiès (2676 mètres), vu du port de Sullo (2850 mètres), © A. B.

Il est notable que deux auteurs espagnols (p. 19 et 45) appellent à la création d’un Parc international des Pyrénées, alors qu’entre la Catalogne et l’Ariège se profile le Parc des Trois Nations (p. 159). Cette initiative pour l’avenir, qui reprend en écho celle du marquis de Villaviciosa en 1917 (relatée dans le Bulletin pyrénéen n° 141), exprime un besoin d’unité, une vision globale de la protection pyrénéenne. Nous devons toutefois doucher les espoirs ibériques : les institutions françaises, étatiques et locales, semblent trop imprégnées de jacobinisme et de pusillanimité. Maurice Privat, relais français du marquis, espérait en 1917 qu’en matière de protection « il n’y ait plus de Pyrénées entre la France et l’Espagne ». Un siècle plus tard, les Pyrénées demeurent, à ce niveau, une frontière étanche.

 

Jean-François Labourie

 

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Falaise de Thou, entre Pibeste (1 349 mètres) et village d’Agos-Vidalos, © RN du Pibeste-Aoulhet
Depuis le 1er juillet, Mme Rachel Suteau est la conservatrice en charge de la direction du château fort - Musée pyrénéen de Lourdes. La rédaction lui souhaite la bienvenue et l’assure de sa volonté d’une fructueuse collaboration.






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