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N° 243

N° 243 – Juillet 2010 – Bulletin pyrénéen n° 485


D’étranges fleurs de pierre découvertes en Ossau
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Couverture : Un témoin du dévonien en haute vallée d’Ossau. (Photo Jean-Pierre Dugène).

Ce nouveau numéro de Pyrénées, disponible dès les premiers jours de juillet 2010, présente en couverture une photo de Jean-Pierre Dugène sous le titre : « D’étranges fleurs de pierre découvertes en vallée d’Ossau ». Cette photo renvoie à l’article de Jean-Pierre Dugène et Dominique Rossier sur ces curieux phénomènes géologiques, témoins du Dévonien, jusque là ignorés. La photo du dos de couverture marque le centenaire du Tour de France dans les Pyrénées. Elle reproduit un cliché vieux de quelque 80 ans où l’on voit un coureur cycliste tentant de se frayer un passage parmi la foule massée au sommet d’un col. On ne sait pas en quelle année précisément a été prise cette photo sortie des archives du quotidien d’avant-guerre « La Petite Gironde » et parvenue jusqu’à nous grâce au journal Sud Ouest. Il s’agit à l’évidence d’une photo des années 30 et tous les connaisseurs reconnaîtront qu’il s’agit du passage du Tour au sommet du Col d’Aspin.

 Sommaire

02 Éditorial par Michel Clin
05 Étranges témoins du dévonien en Ossau : volcans de sable ? par Jean-Pierre Dugène et Dominique Rossier
25 Au large de l’Albère, la montagne des profondeurs par Jacques Centelles et Joseph Ribas
39 Brouillard autour d’une première : Mont-Perdu par le col d’Astazou par Patrice de Bellefon
53 Vignemale : d’Ann Lister à Henry Russell une drôle d’aventure par René Dreuil
65 Trésors des cartes postales pyrénéennes : Lucien Briet (1860-1921) 2e partie par Pierre Sarthoulet et Denis Soleil
79 1910-2010 Le centenaire du Tour de France dans les Pyrénées par Alain Lalanne
83 Bibliographie pyrénéenne : La bibliothèque Alphonse Meillon (1862-1933) par Claude Dendaletche
93 Nos auteurs par Gérard Raynaud
96 Chroniques par Gérard Raynaud

À lire aussi :
La photo et les mots, p. 4
Trait d’union, p. 38
Contribution, débat, courrier, p. 112
 

 Éditorial

par Michel CLIN

Sciences de la vie, sciences du milieu

La présentation de plusieurs articles scientifiques à sujet naturaliste dans deux numéros successifs de la revue, une conjonction assez rare dans nos sommaires, m’inspire à ce titre quelques réflexions en rapport avec un milieu montagnard qui m’est cher.

En matière scientifique, le développement foudroyant des applications tendrait à faire oublier l’importance de l’étude fondamentale. Cependant des questions touchant le milieu naturel et relevant d’une telle étude atteignent désormais aussi l’opinion, à des degrés divers et par des voies très différentes. Ne serait-ce qu’à propos de la biodiversité, ou lors d’une éruption volcanique majeure, lors de tempêtes paroxysmales, ou encore par l’évidence actuelle du réchauffement climatique, tout comme à propos de l’origine et de l’évolution de la vie… C’est aux scientifiques fondamentalistes qu’en définitive, on en vient à poser les questions préoccupantes, et on a raison. Même si, au gré des réponses, ceux-ci peuvent apparaître à l’opinion, qui volontiers schématise, tantôt comme les garants de certitudes absolues mais inaccessibles au commun, tantôt comme les tenants de controverses internes, et parfois de vigoureux affrontements, de nature à déconcerter les spectateurs non prévenus…et à troubler les décideurs.

Il arrive d’ailleurs lors de débats difficiles que certains d’entre eux, ayant déjà formé leur conviction, ne retiennent que les arguments favorables à celle-ci…Attitude blâmable certes. J’ajoute, au risque de surprendre, que parfois cette attitude n’est pas celle des seuls spectateurs, mais aussi hélas celle de certains acteurs scientifiques, isolés ou même en groupe.

En réalité, la controverse scientifique en recherche fondamentale ne doit pas surprendre, elle est nécessaire à l’approche de la vérité. Elle est constructive dans la mesure où une certaine déontologie est habituellement respectée par la majorité des praticiens. Un seul critère, la loyauté des acteurs, ou si l’on veut, une rigueur de pensée reposant sur l’expérience. Quelques précautions peuvent être utiles : le Géographe du Petit Prince « reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend note de leurs souvenirs. Et si les souvenirs de l’un d’entre eux lui paraissent intéressants, le géographe fait faire une enquête sur la moralité de l’explorateur… ». Ensuite seulement, confirmation à l’appui, il inscrit la montagne sur la carte… Dans la pratique scientifique réelle, cette amusante parabole conserve sa valeur : l’énoncé de résultats nouveaux doit être soumis à appréciation qualifiée. De nos jours, du fait notamment de l’étendue du champ de l’exploration scientifique, la sagesse exige un processus obligé de validation des découvertes par la communauté savante, présentation en colloque, revue à comité de lecture compétent, etc.

Les articles que publie Pyrénées en botanique et biologie animale dans le numéro 242, et la description exhaustive de l’Albère et du milieu sous-marin proche, dans celui-ci, entrent dans ce cadre. Ils ont le caractère d’une diffusion approfondie de travaux largement validés. Les uns et les autres sujets sont ici fort savamment traités…certains auteurs ayant même laissé échapper au fil de la plume quelques termes du jargon spécialisé, indice de leur haute compétence. Ces données demeurent cependant faciles à appréhender, ce qui nous les rend précieuses.

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"Roue" sur la grande "dalle de l’inventeur" de Lous Mourous. Le diamètre extérieur est d’une vingtaine de centimètres.
(Photo J.-P. Dugène).

Le cas de l’article de géologie dans le présent numéro est un peu différent, en ceci qu’ il s’agit de faits nouveaux dans nos montagnes. Nous sommes là dans le domaine de la recherche initiale : on va lire la description d’« objets géologiques » insolites découverts dans une formation géologique montagnarde de nature gréseuse extrêmement parcimonieuse en traces fossiles. Par leur constitution et leur rareté, ceux-ci pourraient représenter une nouveauté assez exceptionnelle, originale au moins pour les Pyrénées sinon au delà. Les auteurs tiennent à en réserver la primeur à Pyrénées, et la revue est très sensible à cette attention qui l’honore hautement. Ici, point de vocabulaire disciplinaire, un texte conçu pour nos lecteurs : le discours est nécessairement plus imagé que celui à tenir devant un aréopage scientifique spécialisé, ce qui n’est pas le cas de Pyrénées. Qu’il me soit permis de noter que ce travail peut se décomposer en deux parties : la description, l’interprétation explicative. La description des « objets » observés et analysés est remarquable de rigueur et de finesse d’observation. L’interprétation, c’est à dire la compréhension des possibles circonstances ayant présidé à l’apparition des dits objets, est soigneusement discutée par les auteurs en référence à des articles spécialisés et à d’autres observations, faisant au passage un sort à une théorie précédemment retenue pour des objets analogues : l’origine biologique devient une origine purement mécanique, ce qui n’est pas rien en matière d’interprétation de phénomènes vieux de 360 millions d’années !

Ne sommes-nous pas ici face à une situation popperienne, de celles que l’on évoque dans le domaine scientifique pour apprécier les garanties de solidité d’une théorie ?

« Qu’est-ce qu’une théorie scientifique ? Le grand philosophe des sciences Karl Popper nous a fourni un critère très simple et très efficace. Pour être scientifique, une théorie doit être réfutable. On doit pouvoir imaginer une expérience ou une situation dans laquelle la théorie serait prise en défaut. En résumé, une théorie qui a une réponse à toutes les situations n’est pas scientifique. Elle est trop
« parfaite » pour être vraie »
(J. Staune).

Pyrénées ne pouvait laisser échapper la primeur de cette découverte et du travail d’étude qui l’accompagne. Je pense et j’espère que tout ceci provoquera d’intéressants échanges entre spécialistes, et qui sait, l’émergence d’autres visions de ce passé si lointain.

 

 Présentation des articles

ÉTRANGES TÉMOINS DU DÉVONIEN EN OSSAU : VOLCANS DE SABLE ? , par Jean-Pierre Dugène et Dominique Rossier

Jean-Pierre Dugène est l’inventeur, celui qui a fait cette découverte sur des pentes que seuls quelques bergers connaissent. « C’était, raconte-t-il, un jour presque comme les autres, voué à l’exploration d’un pâturage de la vallée d’Ossau, à la recherche de pierres gravées par les bergers au cours des siècles précédents. Cette fois, c’est vers la montagne d’Er, où estivent les bergers de Gère-Bélesten que je me dirigeais. Un vieux berger m’avait dit que dans le secteur appelé « lous Mourous », beaucoup de bergers s’étaient inscrits sur les pierres, je devais donc chercher près des anciennes cabanes… »

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La grande roue de
la "pierre de Rosette".
(Photo J.-P. Dugène et D. Rossier).

Tout à coup, dans un éboulis, son regard est attiré par une forme géologique arrondie. « On dirait qu’un enfant a dessiné un soleil, un cercle et les rayons tout autour ». L’explorateur montagnard sort son appareil photo et note sur son carnet : « 24 septembre 1990, fossiles au-dessous d’une petite grotte ». Pendant près de vingt ans, aucun des géologues qui vont se rendre sur le site à l’invitation de l’inventeur ne pourra qualifier ces fossiles qui n’entrent dans aucune famille connue . Jusqu’à ce que Jean-Pierre Dugène rencontre Dominique Rossier, membre de l’Association des Amis du Parc National, membre aussi de notre comité de rédaction. Dès lors, les investigations sur ces phénomènes vieux de quelque 360 millions d’années vont prendre une autre tournure. Des scientifiques sont sollicités, des avis sont donnés, des hypothèses proposées. L’enquête a aujourd’hui suffisamment progressé pour que nos deux auteurs avancent des interprétations scientifiquement étayées qui ne manqueront pas de susciter curiosité, discussions, commentaires et reprises. Jean-Pierre Dugène et Dominique Rossier ont réservé la primeur de cette très importante découverte à notre revue. Qu’ils en soient ici remerciés.

Dans un post-scriptum à l’article, ils écrivent aussi ceci : « Cette découverte ne peut pas laisser indifférents ceux qui aiment la vallée d’Ossau. Par leur valeur patrimoniale unique dans les Pyrénées, et leur intérêt scientifique, ces magnifiques sites inspirent un grand respect. Les auteurs de cet article ont hésité avant de publier, conscients de la responsabilité qu’ils prenaient vis-à-vis d’un risque ultérieur de dégradation. Mais ils ont jugé qu’ils n’avaient pas le droit de cacher l’existence de ces témoins d’événements géologiques si anciens. Bien sûr, à ce jour, aucune protection n’est envisageable ; aussi
la conservation totale des sites ne dépend que de l’intégrité des futurs visiteurs.
C’est aussi pour cela qu’il fallait faire savoir ».

AU LARGE DE L’ALBÈRE, LA MONTAGNE DES PROFONDEURS, par Jacques Centelles et Joseph Ribas

« Entre le cap Bear et le cap de Creus, au pied de l’Albère, la montagne émerge soulevée des hauts-fonds par l’énorme défi où s’affrontent l’altitude et la profondeur depuis 40 millions d’années.

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Un pyrénéiste sous-marin.
(Photo J.-M. Llenas).

Que sont les âges pour la mer ? En des temps fabuleux, elle bordait le vieux socle hercynien. Sous la poussée des plaques, elle rétrécit, comprimée en des lacs intérieurs qui s’asséchèrent, pris dans l’étreinte des verrous rocheux qui les enfermaient. Un immense désert de sel figea ces paysages de mers mortes.

Disloquées, plissées sous de fortes pressions, de gigantesques épaisseurs de sédiments soulevèrent des chaînes de montagnes finalement englouties quand s’ouvrit un étroit passage où s’engouffra l’océan.

Le monde n’était pas encore nommé. C’était avant le long silence qui précéda l’écho du premier récit. Sortilège des temps ! La terre se fractura toutes failles ouvertes d’où jaillirent les volcans. Ils éclairaient les nuits de ciels incandescents. Vues de la mer, les montagnes brûlaient. Diodore de Sicile les déclara « filles du feu ». La légende évoque Pyrène. Depuis, ces montagnes s’appellent
les Pyrénées... »

Ainsi commence l’exploration sous-marine que nous proposent Jacques Centelles, marin attaché au CNRS, ancien collaborateur de l’Observatoire océanographique de Banyuls, et Joseph Ribas. Il s’agit donc de montagnes en creux, de pics, de crêtes et de précipices, qui voisinent sans y être attachées, avec les reliefs à l’air libre de la grande chaîne pyrénéenne.

« Depuis le pic Noulos (1257m), écrit Joseph Ribas, point culminant de l’Albère, jusqu’au fond des « rechs » sous-marins, en moins de 20 kilomètres, plus de 3000m de dénivellation accentuent le profil d’un relief qui déchire l’étroite bande littorale. La montagne et la mer composent d’extraordinaires systèmes de vies terrestres et marines : une mosaïque de vies animales et végétales dont la profusion dans la diversité constitue une valeur patrimoniale d’une inestimable originalité. »

Cet article est complété par la précieuse contribution de M. Philippe Lebaron qui présente les activités et missions de l’Observatoire océanologique de Banyuls qu’il dirige.

BROUILLLARD AUTOUR D’UNE PREMIÈRE : MONT-PERDU PAR LE COL DE L’ASTAZOU, par Patrice de Bellefon

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Vue rapprochée du versant nord du col d’Astazou. En début de saison, bien enneigée, la partie supérieure de la voie est une grande pente neigeuse entrecoupée de courts ressauts avant de s’étirer en couloir à l’approche du col. Dès que les premiers ascensionnistes furent familiarisés à la neige cet accès au col d’Astazou s’est banalisé.
(Photo P. de Bellefon).

« Les quatre derniers ouvrages publiés sur Henry Russell, ceux de Jacques Labarère, celui de Madame Dollin du Fresnel son arrière-petite-nièce, celui de Marcel Pérès, lui attribuent par erreur la première ascension du col d’Astazou par le nord, suite à une lecture hâtive d’une note du registre de l’Hôtel des Voyageurs, à Gavarnie, rédigée en 1858, sans qu’elle ait été replacée dans son contexte historique et toponymique.

« Je m’étonne de me laisser ainsi entraîner dans la controverse érudite qui choisira, à terme, d’attribuer à Russell ou au notaire bordelais Fournier la première ascension du Mont-Perdu par le col d’Astazou.

« Éloigné de ce type de préoccupations alpinistiques et, pour mieux dire, « pyrénéistiques », ce problème est fort futile. Sauf à y rechercher un exercice philologique à propos d’un sujet que nous connaissons et par raison, et par enjambées, sinon par cœur… Exercice si utile à l’édification permanente d’une pensée libre… »

Patrice de Bellefon justifie ainsi sa démarche et sa démonstration pour affirmer que la première ascension du Mont-Perdu par le col d’Astazou ne doit pas être attribuée au comte Henry Russell mais au notaire bordelais Fournier. À d’autres époques, Louis Le Bondidier et Béraldi avaient donné le même point de vue sur la question. La cause est-elle entendue ? Le dossier est-il clos ? Le brouillard est-il dissipé un fois pour toutes ?

VIGNEMALE, D’ANN LISTER À HENRY RUSSELL : UNE DRÔLE D’AVENTURE, par Réné Dreuil

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Les historiens au Paradis. M. Chambert, F. Verzeni, J.-L. Lechêne, G. Raynaud et René Dreuil.
(Photo S. Rouquat).

« Drôle d’aventure en effet, écrit Gérard Raynaud en préambule, pour cette équipe d’amateurs passionnés du Club Alpin d’Agen dont je fais partie, et qui nous ont offert ce diptyque Vignemale (dont nous avons déjà parlé) : deux longs métrages en vidéo numérique baptisés « Les Découvreurs » et « L’épopée Russell ». Ayant participé de près à la genèse du projet, à sa réalisation, avec tout ce qu’il a comporté de difficultés mais aussi de volonté à les surmonter, j’ai pensé que cette audacieuse entreprise devait être racontée et j’ai demandé à René Dreuil, au réalisateur même, de le faire. »

Et René Dreuil, le cinéaste raconte en effet l’autre épopée, celle du tournage, avec deux héros de taille, le Vignemale, d’une part, et Henry Russell d’autre part. Il en a fallu du temps, de l’obstination, des allées et venues. « Dur, dur le cinéma en montagne s’exclame Dreuil qui évoque parmi d’autres aventures une nuit russellienne au sommet : « Quelques jours après, le 11juillet, nous nous retrouvons, une fois de plus, sur le glacier. Les traces nous sont, à présent, familières… et elles portent bien. Quelques nuages d’altitude mais les températures sont douces, il n’y a presque pas de vent (ce qui est important pour le son)… je crois rêver. Nouvelles images au Cerbillona, puis au sommet où nous commençons par les scènes en « nuit américaine ». Aux dernières lueurs, Henry Russell casse la croûte avec ses guides Brioul et Haurine, fume un dernier cigare, s’envoie quelques lampées de Chartreuse et s’enfonce dans son sac en peau en disant : « N’ayez crainte, les amis, je sens que ça va être grandiose ».

L’équipe s’abrite dans la grotte du Paradis pour passer la nuit. Et heureusement ! Car elle nous protège d’un violent orage de grêle. Au matin nous sommes dans le nuage. Il y avait pourtant les scènes du réveil à tourner. Nous attendons 2-3heures mais le nuage ne décroche pas. Je serai obligé de ressortir les images d’un film précédent pour achever la séquence. Enfin ! L’essentiel est fait… et nous redescendons avec précautions sur les parois glissantes jusqu’à récupérer nos traces sur le glacier.

Aux grottes Bellevue, nous sommes sous le plafond et décidons de réaliser quelques images complémentaires. Mais la caméra n’est pas sortie qu’une averse nous oblige à nous abriter. Nous repartons sous un ciel menaçant qui se déchaînera au niveau des Oulettes d’Ossoue. Et nous arrivons aux voitures, trempés jusqu’aux os.

Dur, dur le cinéma en montagne ! Nous tenons cependant 80% des images. Il faudra bien encore trois expéditions pour tout achever… après les vacances… »

TRÉSORS DES CARTES POSTALES PYRÉNÉENNES : LUCIEN BRIET (1860-1921), par Pierre Sarthoulet et Denis Soleil

Seconde partie de l’évocation du travail photographique de Lucien Briet (voir Pyrénées N° 242) publié en cartes postales.

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"Le caserio dévale sous la forme d’un amphithéâtre disparate de baies, de toitures, de façades et de pignons qui s’enchevêtrent, qui se bousculent, et dont la couleur brune et terreuse, mouchetée de taches de badigeon cru, s’enlève au milieu d’un cadre aimable de verdure"
André Galicia, Lucien Briet en Haut-Aragon. Récits de voyages, biographie, essai de bibliographie. Chez l’auteur, 2004, p. 116.

« Nous avons vu, écrivent les auteurs, que dans les séries de cartes portant des images réalisées par Lucien Briet et concernant les Pyrénées françaises déjà figurent quelques cartes illustrées de vues de l’Aragon, fruit de brèves excursions de l’autre côté de la frontière. La série qui va nous intéresser est totalement aragonaise. Quatre-vingts numéros composent la série de cartes postales « El Alto Aragon pintoresco ». Chacune est illustrée d’une photographie prise par
Lucien Briet lors de ses voyages successifs en Aragon. Chaque carte comporte plusieurs légendes. Elles sont imprimées en rouge comme toujours chez l’éditeur toulousain Labouche. Chaque légende constituait à l’époque une précision. De nos jours elles sont devenues un mystère pour l’amateur. Si on comprend le titre de la série El Alto Aragon pintoresco, de même si l’on connaît les lieux de Boltaña, Torla et Ordesa, que veulent dire pour le novice ou l’amateur les termes : Hijos de R. Lascorz, colleccion Lucien Briet, Casa de venta en Torla, Viù hermanos ? C’est ce que nous allons essayer de déterminer ».

Au terme d’une présentation très fouillée illustrée de très nombreuses reproductions de documents rares, Pierre Sarthoulet et Denis Soleil lancent pourtant cet appel : « Ce travail sur la carte postale en tant que telle est une première pierre. Elle est bien incomplète. Aussi accueillerons-nous avec plaisir toutes les remarques et compléments permettant de faire évoluer cet essai vers l’obtention de la liste
complète des clichés, tant espagnols que français, de Lucien Briet illustrant des cartes postales. Pourra-t-on connaître un jour les rapports Labouche-Briet ayant présidé à l’obtention de ces importantes séries ? »

1910-2010 : LE CENTENAIRE DU TOUR DE FRANCE DANS LES PYRÉNÉES, par Alain Lalanne

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Gravure d’Ernest Gabard, dans Deux rois des Sports, par Charles Lagarde.

« C’était « le Cercle de l’Enfer », écrit notre auteur, les ours y rodaient et les aigles y attendaient leurs proies, disait-on alors. Voilà les cols pyrénéens qu’ont vaincus pour la première fois les coureurs du Tour de France en 1910. Bien avant, en 1675, Madame de Maintenon –ou plutôt son équipe de porteurs– avait franchi le Tourmalet pour rejoindre Barèges, pour y « prendre les eaux », mais jamais des
coureurs cyclistes ne l’avaient fait. Pour en faire une épreuve majeure et digne d’attention du public, il fallait épicer « le Tour de France », pour sa 8e édition. Opération réussie ! L’étape Luchon-Bayonne sera terrible. Seize heures sur la selle, enfin presque… seul le Garrigou franchira le Tourmalet sans mettre pied à terre. Ce furent 325km par les cols de Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Aubisque, et pour finir, le col d’Osquich, en Pays basque, de routes caillouteuses, sur des vélos de près de 20kg, sans changement de vitesses. Octave Lapize, le vainqueur de l’étape, puis du Tour, dira aux organisateurs : « Vous êtes des assassins, oui, des assassins ! » .

Le Tour 2010 dans les Pyrénées ne devrait pas manquer d’allure lui non plus.

BIBLIOGRAPHIE PYRÉNÉENNE
LA BIBLIOTHÈQUE ALPHONSE MEILLON (1862-1933), par
Claude Dendaletche


« Deux des frères Meillon, écrit Claude Dendaletche, marquèrent de leur empreinte la vallée et la ville de Cauterets : Alphonse et Alfred (1871-1949). Ce dernier, médecin, joua un rôle essentiel autour du Musée Pyrénéen de Lourdes et fut le promoteur du camping et du thermalisme du fait de ses fonctions au sein du Touring Club de France ; il ne semble pas avoir accumulé de la documentation ou laissé une bibliothèque notable. Alphonse, lui, fut essentiellement hôtelier et
gestionnaire de grands établissements à Cauterets et à Pau. Il se passionna aussi pour l’histoire de sa vallée, fit des recherches très poussées qu’il rassembla dans plusieurs ouvrages et il dirigea très tôt le Bulletin pyrénéen jusqu’à sa mort. Il rassembla aussi une belle bibliothèque documentaire ».
Bibliothèque dont notre auteur propose une intéressante présentation analytique.

NOS AUTEURS

- Panorama photographique du versant ibérique des Pyrénées, par Daniel Maigné, Éditions Moli de la Mola
- Mountains figured and disfigured in the english speaking world, ouvrage collectif sous la direction de Françoise Besson
- Les fêtes des Pyrénées, par Olivier de Marliave, Éditions Sud Ouest
- Ansabère, un siècle de conquêtes, par Ivan et Boris Thomas, Éditions Monhélios
- Trente ans de recherche d’eau thermale aux thermes de Luchon (1979-2009), par Robert Rigaill
- Nouveautés DVD : « Des bêtes et des hommes », film de Michel Tonelli ; « Jean et Pierre Ravier, les jumeaux du vertige », film de Guy Fournié

CHRONIQUES

Faits divers, Transports, Économie, Aménagements, Thermalisme, Sports d’hiver, Sports aux Pyrénées, Relations transfrontalières, Patrimoine et culture, La nature et nous, Montagne, Chemins de Saint-Jacques, Environnement et milieu montagnard, Parcs nationaux et espaces protégés, Spéléologie, Musée pyrénéen, Pyré-net, Agenda, Les revues, In memoriam : Florentino Moncasi, Pierre Vignau, Claude Blazy

Courrier, contribution, débat :

- Bureau des guides Ariège-Pyrénées : exemplaire et nouveau
- Retour sur le « Grand Raid des Pyrénées »







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