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N° 244 – Octobre 2010 – Bulletin pyrénéen n° 486

Musée pyrénéen de Lourdes
Margalide Le Bondidier, la bâtisseuse
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Couverture : Margalide Le Bondidier au Château fort de Lourdes dans les années 20. (Coll. Musée pyrénéen).

Ce nouveau numéro de Pyrénées, disponible dès les premiers jours d’octobre 2010, présente en couverture une photo sortie des collections du Musée pyrénéen. On y voit Louis Le Bondidier et son épouse, Margalide, sur les remparts du Château fort de Lourdes. Cette photo a été prise dans les années 1920. Elle illustre le thème principal de ce numéro, consacré en grande partie à l’œuvre, à la vie et à la personnalité de Margalide Le Bondidier. En dos de couverture, une photo de Florian Jacqueminet montre le pic Margalide vu du pic des Tempêtes.


 

 Sommaire

02 Éditorial par Jean-François Le Nail

DOSSIER SPÉCIAL MARGALIDE LE BONDIDIER
05 Insaisissable Margalide par Nanou Saint-Lèbe
08 Chronologie par Nanou Saint-Lèbe
11 Une vie, une œuvre par Nanou Saint-Lèbe
25 Le Musée Pyrénéen de Lourdes par Agnès Mengelle
39 Les ascensions pyrénéennes de Margalide par Nanou Saint-Lèbe
53 En passant par Margalide par Florian Jacqueminet
81 Bibliographie pyrénéenne : Louis le Bondidier (1878-1945) traqueur de livres par Claude Dendaletche

71 Les plaques fantômes du pyrénéisme par Alberto Martinez Embid
77 Trésors des cartes postales pyrénéennes : comte Aymard d’Arlot de Saint-Saud (1853-1951) par Pierre Sarthoulet
87 1848-1849, Le séjour pyrénéen d’Henry de Triqueti par Louis Laborde-Balen
93 Nos auteurs par Gérard Raynaud
95 Chroniques par Gérard Raynaud

À lire aussi :
La photo et les mots, p. 4
Trait d’union, p. 70
Robert Ollivier illustré, p. 76
In memoriam, Gérard de Clarens par Jean Ritter, p. 109
 

 Éditorial

par Jean-François LE NAIL

Pyrénées et le Musée pyrénéen

Pyrénées termine l’année 2010 avec un n° 244 qui fera date. Thématique, il est en effet solide, cohérent et neuf. Certes, il ne traite ici que d’un aspect parmi bien d’autres des Pyrénées et du pyrénéisme, mais cet aspect nous touche de très près et concerne tout particulièrement notre revue.

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Margalide entourée par ses deux chiens, Toy et Maïa. (Coll. Musée pyrénéen).

Car il s’agit de Margalide Le Bondidier, de sa vie, de sa carrière pyrénéiste, de son œuvre au château fort de Lourdes. Et aussi de son mari, Louis Le Bondidier, dans son entreprise de collectage des livres, albums, reliques et documents qui devaient faire du Musée pyrénéen fondé par le couple le plus riche centre de documentation du genre. Le Bondidier a fait l’objet de louanges dithyrambiques, méritées à bien des égards, mais il n’a pas toujours bonne presse parmi ceux qui l’ont rencontré à travers ses textes ou ses dossiers. Reste que l’homme a accompli une œuvre véritablement colossale et que la collectivité lui doit beaucoup : non pas seulement notre étroite communauté pyrénéiste, mais bien plus largement tous ceux qu’intéressent l’espace pyrénéen et ses régions limitrophes, et la montagne en général. Mais qu’aurait réalisé sans Margalide cet organisateur, ce fédérateur, cet animateur exceptionnel ?

Les apports de Nanou Saint-Lèbe, d’Agnès Mengelle et de Claude Dendaletche, principaux auteurs de ce dossier Margalide, répondent assez éloquemment à la question et constituent des mises au point de première importance sur ce que l’on peut savoir des débuts du Musée pyrénéen et de ses deux créateurs. C’est un hommage indirect que rend ensuite Florian Jacqueminet à Margalide en évoquant le sommet qui lui est dédié dans le massif des Monts-Maudits. Les articles d’Alberto Martínez Embid comme de Pierre Sarthoulet illustrent des points de vue patrimoniaux et documentaires du pyrénéisme qui furent au cœur de la vie des Le Bondidier. Et en saluant avec Jean Ritter la disparition de notre vice-président, Gérard de Clarens, depuis toujours membre actif de notre association, si l’on ne peut s’empêcher de voir partir avec un vrai chagrin l’ami chaleureux et efficace, l’homme d’action et de culture dévoué et modeste, on pense avec tristesse qu’il était aussi l’un des derniers témoins de l’époque de Margalide et des débuts de Pyrénées.

Il faut donc insister sur la nouveauté et sur l’intérêt multiforme de ce dossier et des articles qui l’accompagnent. Les résultats des enquêtes minutieuses et intelligentes que nous livrent leurs auteurs répondent à de légitimes curiosités sur le passé, elles offrent aussi des points de vue très éclairants pour nous aujourd’hui. Au moment où l’avenir de beaucoup de musées régionaux apparaît comme incertain, où leur légitimité, ou plutôt leur nécessité, ne sont plus toujours clairement perçues par ceux qui en ont la responsabilité matérielle, il est bon de faire un retour sur les conditions impensables de nos jours dans lesquelles ont été créés des musées comme le Musée pyrénéen ou comme le Musée basque dont Geneviève Marsan nous entretenait dans le n° 238 d’avril 2009. Heureuse époque, et bien révolue, qui permettait à des bénévoles qui étaient aussi des mécènes de travailler pour le bien commun de façon éclectique, spontanée, au gré de leurs goûts et de leur vision des choses, sous la houlette lointaine et bienveillante d’une association populaire, le Touring Club de France, qui leur laissait les mains libres !

Tant de peines, d’ingéniosité, de talents, d’enthousiasmes, ayant abouti à la réunion de ces trésors devenus propriété de tous, méritent – exigent, devrais-je dire – que l’on aille toujours plus loin dans la mise en valeur de ces collections. La totale réussite de l’exposition séduisante que l’on peut voir jusqu’à la fin du mois d’octobre au Château fort sur Russell et la magie de la montagne fournit un bel exemple de ce qui est possible, et témoigne du travail en profondeur journellement accompli au Musée pyrénéen. Une exposition ne s’improvise jamais. Elle ne peut être que le résultat de connaissances étendues et approfondies préalablement accumulées : c’est ce que rappellent la conclusion de l’article de Claude Dendaletche et son appel en faveur de l’exploitation de tant de ressources documentaires encore presque intactes et qui n’attendent que des travailleurs pour leur mise au jour.

Pour nous, nous ne pouvons oublier que notre revue doit la vie au Musée pyrénéen dont les subventions permirent par ailleurs son lancement et assurèrent longtemps sa publication. Sans doute, son caractère propre lui vient-il beaucoup de l’esprit qui présida à la fondation du Musée et dont Raymond Ritter fut aussi un héritier. L’osmose entre le Musée et le Bulletin pyrénéen puis Pyrénées, entre Louis Le Bondidier et Alphonse Meillon puis Raymond Ritter, les fortes liaisons entre les sites de Lourdes et de Pau, sont des constantes de notre histoire. Ces constantes sont des forces. À nous de les faire jouer.

Avec ce dernier numéro de 2010 s’achève la mission qu’avait acceptée des mains de Louis Lanne, à l’automne 2006, lors d’un conseil d’administration tenu chez notre regretté ami Gérard de Clarens, notre rédacteur en chef Pierre-Marie Cortella. On ne sait pas assez la lourdeur et les difficultés que présente la tâche de rédacteur en chef d’une revue telle que la nôtre. Passionnante, certes, mais combien prenante ! Au nom de notre conseil d’administration et de nos lecteurs, je souhaite exprimer ici à Pierre-Marie toute notre gratitude pour ce qu’il a fait au cours de ces quatre années. Il n’aimerait pas que je m’étende sur les qualités professionnelles et humaines qui lui sont reconnues par tous et dont témoignent ces seize livraisons de Pyrénées, mais il sait combien nous lui sommes reconnaissants du travail accompli et de sa promesse de continuer à nous aider.

À nouveau, donc, une page se tourne avec son départ et l’arrivée d’un successeur à qui je souhaite la bienvenue. Jean-François Labourie, pyrénéiste pratiquant, auteur de livres, d’articles, de recherches, actuellement archiviste de la ville de Lourdes, est connu de nombreux lecteurs de Pyrénées. Il a pris intrépidement le témoin des mains de P.-M. Cortella qui l’assurera dans les premières longueurs d’une voie difficile, à charge pour lui de poursuivre en tête. Nos vœux de réussite l’accompagnent pour cette longue course.
 

 Présentation des articles

DOSSIER SPÉCIAL MARGALIDE LE BONDIDIER

INSAISISSABLE MARGALIDE, par Nanou Saint-Lèbe

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À Campan Margalide avait une passion pour les chiens mais affectionnait aussi les chats siamois.
(Photo LLB, Coll. Musée pyrénéen).

Dans cet article d’ouverture, Nanou Saint-Lèbe qui est l’initiatrice de ce dossier spécial, explique la méthode, les recherches, la complexité du travail et les milliers de documents qu’il a fallu consulter pour cerner le personnage de Margalide et brosser un portrait au plus près de la vérité, cinquante ans après sa mort.
« Rapidement, écrit Nanou Saint-Lèbe, nous nous rendîmes compte que Margalide était cachée –ou plutôt masquée– par l’immense ombre de son mari Louis dans la plupart des découvertes que nous faisions. Des dossiers que nous avons dépouillés (sauf celui concernant les blasons qu’elle prit en charge et les cahiers contenant les listes des plantes pour les rocailles), elle n’émergeait pas, ou si peu : quelques
lettres, des dessins, des photos… Cela jusqu’en février 1945, date du décès de Louis.
« Elle reprit, non sans mal, le flambeau de ce dernier. Nous étions en droit de penser que les dossiers qu’elle dut établir pour la réalisation de salles, d’expositions, de travaux au Château seraient imprégnés par elle, que les listes des acquisitions pour le musée seraient commentées par ses soins, qu’on pourrait enfin comprendre son mode de travail : il n’en fut rien. Quant à sa correspondance dont on imaginait qu’elle serait aussi abondante que celle de Louis, nous trouvâmes seulement la partie comptable échangée avec le Touring Club de France. Car à la fin de sa vie, elle a fait brûler tout ce qui était personnel : de sa vie avant le Château et de celle au Château. Seuls subsistent de nombreuses photos, quelques rares documents échappés à sa fougue destructrice et les lettres écrites ou dictées à la fin de sa vie parce qu’elle était trop malade pour les faire disparaître.
« Nous avons analysé ce qui restait - qui est important - pour y débusquer celle qui a voulu gommer sa trace... »

CHRONOLOGIE, par Nanou Saint-Lèbe

Deux pages entières et cinquante trois dates essentielles dans la vie de Margalide Le Bondidier.

UNE VIE, UNE ŒUVRE, par Nanou Saint-Lèbe

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Margalide et Louis à Campan. La grille d’entrée est surmontée du nom de la villa et d’une silhouette de chat, œuvre de Margalide. Similitude avec la grille d’entrée de leur appartement au Château, le blason de Lourdes remplaçant le chat.
(Coll. Musée pyrénéen).

« C’est une femme de près de 42 ans qui écrit dans son journal, le 21 avril 1921 : « Installation très sommaire et amusante, allons dîner en ville et le soir remontons à notre beau château, encore plus beau que le jour. Nous ne pouvons pas nous décider à nous coucher ». Marguerite Liouville est née le 3 septembre 1879 au Chesne Populeux (Ardennes). 42 ans déjà, dont plus de la moitié partagée avec Louis le Bondidier (né le 5 mars 1878) qu’elle a épousé le 8 décembre 1898 et presque autant qu’elle a troqué son prénom « Marguerite » pour sa version bigourdane de « Margalide ».
« Le couple qui dort pour la première fois au château ce 21 avril 1921 est sans enfant ; elle comme lui ont abandonné leur Lorraine d’origine pour vivre en Bigorre depuis 20 ans, d’abord à Campan, où Louis, receveur de l’Enregistrement a été nommé. Ils y ont loué à M. Porte une maison qu’ils ont baptisée « Villa Maladetta ». Puis, en février 1915, à Pouzac, à la « villa Margalide » (1) où ils sont encore ce 21 avril 1921 et où ils vont demeurer officiellement jusqu’au début de 1925 (ils pendent la crémaillère au château le 21 mai 1925) »….

L’article de Nanou Saint-Lèbe explore les deux versants de la vie de Margalide :
1/ De 1921 à 1944, le temps où elle assumait le secrétariat de son mari tout en étant conservatrice adjointe du Musée pyrénéen.
2/ De 1945 à 1960, la succession de Louis Le Bondidier et les responsabilités nouvelles au Musée pyrénéen.

LE MUSÉE PYRÉNÉEN DE LOURDES, par Agnès Mengelle , directrice du Château fort et du Musée pyrénéen de Lourdes

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Margalide (à gauche) et Louis Le Bondidier en costume traditionnel pyrénéen.
(Photo Jové, série Type et costumes bigourdans. Coll. Musée pyrénéen).

« 5 mai 1960, au château fort de Lourdes, Margalide le Bondidier, 80 ans, n’est plus. Le drapeau qui surmonte le donjon a été mis en berne. Descendu par l’ascenseur, le cercueil est transporté à l’église paroissiale par des sociétaires du Club Alpin Français. Les hommages se succèdent. François Faure, membre du Comité du Musée pyrénéen évoque la destinée de cette femme hors du commun, qui « restera dans l’histoire de la montagne, et spécialement dans l’histoire de la montagne pyrénéenne, comme une page d’exception dont la durée n’a point terni l’éclat, ni la diversité, la richesse ». Désormais, et selon son désir, « la grande Dame du château », repose aux côtés de son mari, Louis, et d’un autre grand nom du pyrénéisme, Franz Schrader, au lieu-dit du « Turon de la Courade », face au Cirque de Gavarnie »…

Plus loin, Agnès Mengelle qui connaît fort bien le château, le musée et leur histoire, note : « Le musée de Lourdes est le seul musée qui au lieu de coûter de l’argent à la municipalité, lui en verse, Margalide le répète assez à ses détracteurs. En 1945, le Conseil d’administration verse à la ville de Lourdes 101.589 francs. Cet argent sert aussi à réhabiliter et entretenir le château, à rétribuer le conservateur. À côté de cela, ce que l’on sait moins, c’est que le Conseil d’Administration verse des subventions pour des réparations, ainsi au château de Mauvezin ou encore à l’église romane de Benqué-Dessus dans la Haute-Garonne. Il aide également au développement d’œuvres culturelles, la Maison du tourisme à Lourdes ou la Maison des Pyrénées. M.Viers de son côté, reçoit 200.000 francs pour sa thèse sur les Pyrénées basques. Ces aides financières permettent aussi l’édition des Carnets de Ramond en 1931, la création d’un monument HenryRussell à Gavarnie, soit 860.000 francs, ou encore d’une rue à Lourdes, la rue Le Bondidier qui aboutit au pied de l’ascenseur du château »…
Ou encore : « Si Louis a pensé le musée, elle l’a fait ! Quelle est donc la part de Margalide qui œuvre dans l’ombre du Conservateur ? Le peu d’écrits qu’elle laisse contribue davantage à la difficulté de la raconter… Ce sont ses proches, ses amis, ses collaborateurs qui souligneront son talent à faire du château fort un haut lieu du
tourisme culturel et ce qui nous reste aujourd’hui de son travail se trouve inscrit notamment dans l’agencement des espaces extérieurs du musée, le jardin botanique, la rocaille, les sculptures, les maquettes d’habitat pyrénéen traditionnel, le cimetière de tombes discoïdales »…

LES ASCENSIONS PYRÉNÉENNES DE MARGALIDE, par Nanou Saint-Lèbe

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Une course pendant le premier hiver bigourdan (1901-1902). Louis et Margalide n’ont pas encore leurs piolets et Margalide ne porte pas sa jupe-culotte.
(Coll. Musée pyrénéen).

« Dès leur arrivée à Campan, le 13 juillet 1901, Marguerite et Louis Le Bondidier sont séduits par les montagnes qui environnent et cernent la vallée. Ils se lancent dans la randonnée, s’affiliant aux diverses associations montagnardes (SEBB) de la Bigorre et surtout au CAF (section de Bagnères). Dès les premières marches, ils rencontrent ceux qui vont devenir leurs compagnons d’excursions, leurs amis : Dencausse, Camboué, le capitaine Rayssé de Tarbes…, et Georges Ledormeur. La première randonnée de ce dernier avec le couple Le Bondidier a lieu le 16mars 1902, dans la neige à la Hount Blanque.
« Si Louis aborde les Pyrénées avec des regards scientifique (températures, pressions, carte de Schrader…) et encyclopédique (tout connaître de ce qui est écrit sur la montagne que l’on va conquérir), pour sa jeune femme c’est le plaisir de la découverte qui compte. Elle peint à l’aquarelle des paysages, tient un carnet sur lequel elle note les péripéties de l’ascension, la beauté du paysage, ce qu’elle ressent et elle photographie. De retour, elle grave le manche en bois de son piolet du nom de ses conquêtes pyrénéennes »….
Randonneuse, grimpeuse, pionnière du ski, Margalide aborde a montagne de toutes les façons possibles. Son palmarès est éloquent.

EN PASSANT PAR MARGALIDE (3258 m), par Florian Jacqueminet

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Pic Margalide, Tempêtes et, au fond à droite, Aneto. Vue des Moulières.
(Photo Florian Jacqueminet).

« Pointe étroite formant le nœud de jonction des arêtes des Tempêtes et des Salenques, dominant l’à-pic de la face nord et les dernières dentelures finement ciselées de l’arête des Salenques, le sommet du pic Margalide possède un indéniable caractère alpin. Assez escarpé, couronné d’un bloc monolithique élancé, sa pointe extrême n’est accessible qu’à une seule personne à la fois. À chacun son tour ! Le 29 juillet 1905, Louis Le Bondidier et le guide Jean-Marie Sansuc, après avoir gravi le pic des Tempêtes, parvenaient les premiers à la cime, par le flanc sud et l’est(9). Louis Le Bondidier, avant de quitter le pic pour s’en aller gravir le pic Russell, en profita pour le baptiser : il lui attribua le prénom de son épouse. Le lendemain, 30 juillet, guidée par Jean-Marie Sansuc, ce fut au tour de Margalide Le Bondidier elle-même de fouler le sommet, et d’en réaliser la première ascension féminine. Elle poursuivit jusqu’au pic des Tempêtes. Louis s’étant rendu au pic de Malibierne par sa célèbre taillante, ils réussirent, à près de 3500m de distance, à échanger des cris ! »…
Florian Jacqueminet a refait cet itinéraire. « L’enchaînement à toute crête du pic Russell au pic des Tempêtes, en passant par le Margalide, est une course de longue haleine, écrit-il. C’est un parcours varié, parfois aérien, d’une difficulté modérée. Suivie dans ce sens, l’Aneto y impose naturellement sa stature dans un cadre splendide, et les beaux aperçus sur les murailles du versant nord ne manquent pas d’intérêt. C’est une belle classique pyrénéenne qui, même si elle est moins réputée que la toute proche arête des Salenques, mérite une visite »

BIBLIOGRAPHIE PYRÉNÉENNE : LOUIS LE BONDIDIER (1878-1945) TRAQUEUR DE LIVRES, par Claude Dendaletche


« Comment, à l’aube du XXe siècle, un étranger aux Pyrénées, né en Lorraine le 5 mars 1878, arrivé à Campan en 1901 au hasard d’une première affectation professionnelle, décida-t-il très vite, avec son épouse Marguerite de se consacrer entièrement à réunir une documentation pyrénéenne aussi considérable, indépassée pour ce qui concerne les livres, manuscrits et estampes ? Comment réussit-il à trouver autant de merveilles dont il fit un don total à leur création commune, le Musée pyrénéen de Lourdes ?
« Je me suis penché, écrit Claude Dendaletche, au travers de l’étude de la correspondance de Louis en particulier, sur la genèse de la bibliothèque du Château, la plus considérable au monde pour tout ce qui est pyrénéen et, par ailleurs, ensemble documentaire trop peu étudié par les chercheurs »…

LES PLAQUES FANTÔMES DU PYRÉNÉISME, par Alberto Martinez Embid

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(Photo Alberto Martinez Embid).

« Durant de longs lustres, écrit Alberto Martinez Embid, écrivain espagnol, qui collabore régulièrement à la revue Pyrénées, la voie la plus réputée des Pyrénées fut le couloir de Gaube, dans la face nord du Vignemale. Ouverte en 1889, sa première répétition ne fut pas réussie avant 1933 et quatre ans après, six cordées seulement s’étaient introduites dans sa langue de glace. Aussi, le conservateur du musée Pyrénéen de Lourdes, Louis Le Bondidier, décida que ce ténébreux couloir méritait de disposer d’une plaque qui célébrât son escalade. Pour mettre en relief la geste de 1889, il chargea Gabriel Busquet, François Cazalet et Robert Ollivier d’installer un marbre dans ses entrailles. Le 15 août 1937, ces grimpeurs descendirent en rappel quarante-cinq mètres depuis la brèche de Gaube : certains disent qu’ils installèrent la plaque – ancrée avec des pitons et du ciment– dans le tiers inférieur du mur de glace ; d’autres, dans un coin du fameux bloc coincé. Très vite arrivèrent des nouvelles insolites : toutes les cordées qui, depuis, escaladèrent le couloir de Gaube, déclarèrent n’avoir remarqué aucun marbre, un fait qui donna lieu à de pittoresques commentaires. En 1984, Ollivier affirmait : « personne n’a revu, à ma connaissance, cette plaque commémorative ».

Personne ? Pas si sûr comme on pourra le lire dans la suite de l’article traduit et agrémenté de fortes notes par Gérard Raynaud.

TRÉSORS DES CARTES POSTALES PYRÉNÉENNES : COMTE AYMARD D’ARLOT DE SAINT-SAUD (1853-1951), par Pierre Sarthoulet

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"La carte du collectionneur".

Suite de notre série dans laquelle Pierre Sarthoulet explore le monde foisonnant de la carte postale pyrénéenne et les grands noms des collectionneurs et des photographes. De très nombreuses reproductions accompagnent cette recherche.
« Né le 15 février 1853 à Coulanges-sur-l’Autize aux confins des marais des Deux-Sèvres, Jean, Marie, Hippolyte, Aymar d’Arlot de Saint-Saud rencontre les Pyrénées à l’âge de dix-neuf ans. Ayant pris place sur l’impériale de la patache Pierrefitte-Cauterets, il avait a ses côtés un excursionniste dûment équipé avec lequel il engagea la conversation : Édouard Wallon. Dès lors conquis par la montagne, il parcourt en tous sens les Pyrénées tant françaises qu’espagnoles rapportant de chacune de ses campagnes des moissons de photographies »...

1848-1849, LE SÉJOUR PYRÉNÉEN D’HENRY DE TRIQUETI, par Louis Laborde-Balen

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Tour de la Monnaie, château de Pau, dessin au graphite rehaussé de gouache et aquarelle.
(Document Musée des Beaux-Arts, Pau).

« Du 18 juin au 30 août 2010, le Musée des Beaux-Arts de la Ville de Pau a présenté une exposition de dessins qui, à beaucoup de visiteurs, révéla un hôte des Pyrénées prestigieux et pourtant peu connu du grand public : le sculpteur Henry de Triqueti. Combien en effet se souviennent qu’à lui est due la statue de Gaston Fébus, érigée à l’ouest du Château Henri IV ? Elle lui fut commandée en 1864, soit une quinzaine d’années après un séjour, assez fortuit, qu’il avait fait dans cette ville. Il est également l’auteur du buste de Ramond, qui lui avait été commandé à Bagnères…
« Le séjour pyrénéen d’Henry de Triqueti aura donc été assez court, poursuit Louis Laborde-Balen d’octobre 1848 à l’automne 1949. Cependant, ces douze mois auront été bien remplis. Venu en convalescence, il passe effectivement les trois premiers à se reposer. Son rétablissement a dû être rapide car dès en janvier1849, il reprend
ses crayons et son carnet de croquis Jusqu’en mars, il dessine d’abord les sites palois, château, parcs, tour de la Monnaie.
« Puis, repris par la bougeotte et une curiosité dévorante, il empoigne son bâton de pèlerin. Çà et là, quelques dates sur certains dessins permettent de suivre à la trace ce diable d’homme »..

NOS AUTEURS
- Les Pyrénées vues du Pic du Midi de Bigorre, par Joseph Fittère et Emile Vinet, préface de Jean-François Le Nail. Sortie annoncée pour le 13 octobre. Éditions Monhélios.
- Guides Ollivier, réédition en deux tomes mis à jour du guide Pyrénées centrale II paru en 1968. Editions Cairn
- Un guide du Canigou, comportant les cahiers de Joseph Ribas. Chamina éditions, Clermont-Ferrand
- Sainte-Engrâce, la vie d’un village basque. Avec les très belles photos de Hans Silvester et un texte du journaliste Pierre Accoce, né à Sainte-Engrâce. Éditions La Martinière.

CHRONIQUES
Faits divers, Transports, Économie, Aménagements, Thermalisme, Sports d’hiver, Patrimoine et culture, La nature et nous, Montagne, Parcs nationaux et espaces protégés, Spéléologie, Musée pyrénéen, Pyré-net, Agenda, Carnet, Les revues.

IN MEMORIAM,
GÉRARD DE CLARENS,
par Jean Ritter

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Gérard de Clarens, devant ses livres à Bastillac, en 2006. (Photo J.R.).

Gérard de Clarens nous a quittés le 11 juillet dernier. Vice-président de association des Amis du Musée pyrénéen de Lourdes, il laisse une trace profonde dans l’histoire de la Résistance à l’occupant allemand pendant la dernière guerre. Jean Ritter lui rend un émouvant hommage et revient sur les grands épisodes de la vie de ce personnage attachant et chaleureux qui fut, toute sa vie, le fidèle ami de notre revue.






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