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N° 282. Avril - juin 2020

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The Vignemale is the loveliest of the peaks, « Le Vignemale est le plus beau des sommets », dessin de l’illustrateur américain Thornton Oakley (1881-1953), encre et mine de plomb, rive droite vallée d’Ossoue, Gavarnie (65), vers 1913.

 Sommaire

2 Éditorial par Jean-François Labourie
4 La transhumance en 2019 dans les hautes vallées du Gave par Jean-Louis Massourre
30 Pourquoi rouvrir la ligne Pau-Canfranc ? par Michel Le Gall
40 Kurt Tucholsky et les Pyrénées par Philippe Couture
56 Jánovas, vie, mort et résurrection (fin) par Dominique Dupont
76 La romería de los langostos à San Victorián de Abizanda, par Pierre Castillou
81 ¿ Question d’image ?
82 Lectures par Nanou Saint-Lèbe
88 Chroniques par Gérard Raynaud
107 Le château fort et son musée pyrénéen
108 La vie de la revue
112 Trait d’Union

 Éditorial

Zone interdite

La virulente épidémie de Covid-19 frappe depuis janvier tous les pays du monde. Bien que la France et l’Espagne déplorent respectivement plus de 20 000 décès provoqués par le Covid-19, on constate au 20 avril une asymétrie importante de part et d’autre des régions limitrophes de la chaîne des Pyrénées. Côté français, la mortalité en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine est en deçà de la moyenne nationale, avec 659 décès (346 en Nouvelle-Aquitaine et 313 en Occitanie). Côté espagnol, le bilan est beaucoup plus lourd avec un total de 6 112 décès : 4009 en Catalogne, 637 en Aragon, 385 en Navarre, 1 081 au Pays basque.
L’Andorre dénombre 37 décès.
Le confinement strict sur l’ensemble du massif a stoppé la vie économique, freiné la vie tout court : fermeture des frontières, arrêt des activités touristiques, interdiction d’aller et venir en montagne et haute montagne. Sur ce dernier point, il faut remonter à l’Occupation allemande du sud de la France (1942-1944) pour retrouver une telle situation administrative avec l’instauration d’une Zone Pyrénéenne Réservée (ZPR, 30 kilomètres à partir de la frontière) et une zone interdite (10 kilomètres à partir de la frontière). Avec une différence fondamentale : sous l’Occupation, les contrevenants risquaient leur vie et non une amende de police de 135 euros.

En montagne, aujourd’hui, les bergers sont des professionnels habilités à travailler. Justement, Jean-Louis Massourre, après son étude sur le pastoralisme dans la région Luz – Barèges – Gavarnie (Pyrénées n° 276, 2018), nous livre une étude documentée sur la transhumance des troupeaux. Attestée depuis plus de 7 700 ans (source : Didier Galop et son étude des indices polliniques à Troumouse), la montée aux estives rythme les saisons pyrénéennes, sur fond de cris de bergers, de sonnailles tintinnabulantes et de chiens en alerte. La transhumance n’est pas qu’une question d’économie montagnarde, elle est un des piliers de la civilisation pyrénéenne séculaire. Cet article précieux est une révision générale de la question pastorale, en regard de la thèse fondatrice d’Henri Cavaillès en 1931.

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Graffiti inscrit en 2018 sur le parapet de la route du Hautacam (65) suite à la prédation de l’ours sur les troupeaux, © J.-F. L.
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Livret publicitaire pour la ligne ferroviaire Pau-Saragosse, Syndicat d’initiative et de propagande d’Aragon, vers 1930.

Le tunnel routier du Somport fut ouvert à la circulation en 2003, après bien des polémiques. Le projet est aujourd’hui de restaurer la ligne de chemin de fer, inaugurée en 1928 et qui fonctionna jusqu’en 1970, pour la consacrer au transport par ferroutage. Michel Le Gall et son association font un travail de synthèse, compilant les rapports officiels, extrayant les chiffres-clés, les données techniques et exposant le contexte du transport franco-espagnol. L’aménagement de cette voie ferrée à plusieurs centaines de millions d’euros est-il viable ?

Philippe Couture nous ramène dans l’histoire intellectuelle de l’entre-deux-guerres avec le personnage de Kurt Tucholsky, intellectuel allemand sous la république de Weimar, lucide sinon prophétique quant aux périls à venir, une personnalité encore très respectée au-delà du Rhin. En 1927, il publie le récit de son voyage aux Pyrénées. Un récit méconnu et d’un ton différent de celui des auteurs étudiés par Louis Le Bondidier dans son article « Les Pyrénées vues par les Allemands » (Bulletin Pyrénéen, 1911).

Dominique Dupont nous retient en Aragon, pour le troisième et ultime volet de sa monographie de Jánovas, village photographié par Lucien Briet, martyrisé par un projet de barrage jamais abouti, et qui reprend vie. Avec, en toile de fond, l’histoire politique de la Couronne d’Espagne.

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Kurt Tucholsky, 1931, D.R.
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Le Christ pantocrator de Jánovas, défiant les hivers, sur un mur dénudé du presbytère, 2002, photo D.D.

Enfin, Pierre Castillou nous présente une romería aragonaise, bien mystérieuse, qui se déroule en Sobrarbe, à Abizanda, début janvier. Le rituel prémonitoire consiste à déterminer la qualité des récoltes en ­fonction de la couleur de petits insectes ! Cela rappelle la pratique divinatoire chez les Dogon au Mali, qui consiste à interpréter la trace de la queue d’un renard venu manger pendant la nuit des grains disposés sur le sable à cet effet.

Jean-François Labourie

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Le mystérieux rituel de los langostos, cliché P. C.
Nous avons appris avec tristesse le décès, le 8 janvier dernier, de Jean-Paul Frantz. Né en 1948, docteur en histoire et ancien professeur au lycée Théophile-Gautier de Tarbes, il avait publié dans notre revue deux articles : « Le Bulletin pyrénéen et la Grande Guerre » (Pyrénées nos 264 et 265, 2015 et 2016) et « Les guerres carlistes vues des Hautes-Pyrénées (1833-1913) » (Pyrénées nos 268 et 269, 2016 et 2017).





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