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VERS L’ÉPOPÉE
Nos grands Chefs de Guerre. - Pyrénéens et Cadets de Gascogne.

Le 11 septembre 1914, Joffre envoie un message au ministre de la Guerre :
« La bataille de la Marne s’achève en victoire incontestable. »
Dans tout le pays ainsi que chez les Alliés, Joffre jouit d’une très grande popularité.
Le « vainqueur de la Marne » fait l’objet d’un véritable culte qui se maintiendra jusqu’à sa mort.


 

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Bulletin n° 129 - Mai - Juin 1915
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Avec le général Joffre qui, depuis dix mois, commande victorieusement nos armées, et avec deux de ses principaux lieutenants, nos Pyrénées sont à l’honneur. On sait, en effet, que le vainqueur de la Marne est né dans les Pyrénées-Orientales, que le général Foch, son ad latus, est originaire de Tarbes et le général Gallieni, de Saint-Béat, près de Luchon. C’est au pied de nos cimes pyrénéennes et dans leur contemplation qu’ils ont grandi.
Tout a été dit sur le général Joffre et, déjà, les écrivains les plus illustres qui rassemblent les matériaux avec lesquels ils fixeront pour la postérité les évènements des années 1914-1915 nous ont fait connaître tous les détails de sa vie. Mais pour nous, pyrénéens, n’est-il pas naturel de chercher à comprendre l’influence que la montagne mystérieuse exerça sur son génie.
L’enfance et une partie de l’adolescence du général se sont écoulées sous le ciel limpide du Roussillon, devant la formidable silhouette du Canigou qui se dresse, joyau au milieu de tant d’autres, à l’extrémité de nos Pyrénées.
C’est là dans une jeunesse heureuse, se trouvant en harmonie constante avec la nature l’entourant, que son caractère s’est formé, que son intelligence s’est développée et s’est affermie. Nous gardons toujours vives les impressions de nos premières années et si ces impressions sont pleines d’équilibre et de calme c’est à la nature que nous le devons, par son harmonie même et par sa voix qui parle à la nôtre.
L’âme de Joffre, que les psychologues de l’avenir étudieront longuement, fut un épanouissement naturel dans ce cadre tout en simplicité et en beauté. On peut dire que c’est l’âme même de nos Pyrénées. Et pour la comprendre, ces mêmes psychologues, au lieu de s’attarder à des recherches complexes, devront tout simplement se borner à venir étudier la nature qui l’a produite. Ils verront que nos Pyrénées, dans leur calme plein de majesté, troublé seulement par le murmure de nos gaves ou par le cri des aigles, devaient marquer de leur forte empreinte celui que l’on appelle « le grand silencieux ». Ils comprendront que la montagne et lui se sont compris et se sont aimés et que la vue des hautes cimes, dans laquelle il y avait de l’admiration et du respect, il a appris dès le plus jeune âge à se renfermer en soi-même, à réfléchir et à penser.
Ils retrouveront enfin en lui, dans sa carrure puissante de même que dans la délicatesse réelle de ses traits et la douceur de son regard, tout ce qui, dans nos Pyrénées, constitue les oppositions et les contrastes. Joffre, c’est le « Canigou » imposant dans sa masse, dont une vallée riante atténue la rude grandeur.
Empruntant une comparaison à Pedro de Marca qui a écrit « l’Histoire des héros pyrénéens », nous ajouterons, en parlant de lui, qu’il est de la lignée de ces montagnards qui paraissent taillés dans les pierres de leur défilés.
Vous retrouvez tous ces traits caractéristiques dans la personnalité de ses deux principaux lieutenants : les généraux Foch et Gallieni dont nos Pyrénées s’enorgueillissent et s’enorgueilliront davantage encore un jour. D’eux aussi on peut dire, en raison de leur volonté et de leur caractère : ce sont des âmes de granit.
Voilà pourquoi, Pyrénéens, nous nous réjouissons que nos montagnes aient fournies de tels hommes à la patrie, de même que cadets de Guyenne et de Gascogne nous sommes fiers de penser que de Castelnau est originaire de Villefranche-sur-Rouergue, Sarrail, de Carcassonne, Boué de Lapeyrère, de Bergerac. Rostand qu’en pensez-vous ?
Poètes, préparez vos lyres, félibres réservez pour demain vos rimes les plus éclatantes. Les Cadets de Gascogne vous fournissent la matière d’héroïques épopées, et les Pyrénées éternelles élèvent encore plus haut leurs cimes. Biban ! !...

Alphonse MEILLON.

UNE ERREUR RÉPARÉE - (n° 130 - Juillet - Août 1915)

Dans un article consacré à nos grands chefs de guerre, nous avons, sur la foi de renseignements qui nous étaient parvenus, fait naître à Bergerac l’amiral Boué de Lapeyrère.
Un de nos lecteur nous fait remarquer avec la plus parfaite bonne grâce que ce renseignement était inexact. IL ajoute que le grand chef de la marine française est originaire de Lectoure.

L’amiral Boué de Lapeyrère n’est donc pas le compatriote de Cyrano de Bergerac ; mais il est encore un peu plus près de nos Pyrénées et s’il reste Cadet de Gascogne, il est en plus Pyrénéen et nous nous en glorifions.
A.M.






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